Une nuit au Skybar

Le Skybar donc. Endroit mythique dont j’avais déjà entendu parler avant d’arriver. Bar ou boîte, difficile de le définir. C’est surtout THE place to be. Il a rouvert il y a peu – les bars rooftops n’ouvrent en effet que l’été- et avec trois copines, nous avons donc décidé d’aller y traîner nos talons aiguilles samedi soir.

capture d'écran, site du Skybar

L’endroit, une terrasse de plus de 1000 m2 à ciel ouvert sur plusieurs niveaux, surplombe la baie de Beyrouth, avec en toile de fond les montagnes illuminées. Le ou la néophyte qui découvre l’endroit pour la première fois ne peut réprimer un « Waouh ! » en arrivant. Effets lumineux et vidéos donnent une ambiance électro design. La musique ne présente pas un intérêt particulier, elle n’a que le mérite de tenter de faire danser la foule.

Comme tout bar/boîte du Liban, il n’y a pas de dancefloor au Skybar. On vient en ayant réservé – une à deux semaines à l’avance voire plus – sa table, ou on se pointe tôt, entre 23h et 23h30, pour espérer une place au bar. Car vers minuit, c’est plein.

Pourquoi aller au Skybar ?

Pas seulement pour la vue sur la mer. Non, on vient pour voir, et être vu. Les gens se jaugent, s’observent à travers les différents niveaux. D’ailleurs, le Skybar a été conçu dans cet esprit: “No matter where you stand, you have a view of the entire venue and can see the people around you”, explique le site. Ca mate à mort, les VIP de l’étage du dessus observe la plèbe se massant au bar. Toutes pintades voulant être observée – et observer- se doit de se placer aux rambardes. Juchées sur leurs talons de 12, certaines vous lanceront des regards de killeuses. Leurs yeux semblent dire « Shoouu, j’ai une plus belle robe que toi », « Toi tu arrêtes de demander du feu à mon mec tout de suite » ou alors « Regarde celle là, elle n’a même pas fait ses cheveux !! » (aka elle n’est même pas allée se faire faire un brushing pour transformer sa touffe de boucles en baguettes raides). La chemise légèrement ouverte est de rigueur pour la gente masculine, afin d’exhiber sa chaîne en or et la croix, le cèdre, ou le sabre d’Ali bien visible qui va avec, et on donne à voir sa Rolex au peuple. On s’expose, vous dis-je.

Les expats libanais qui ont fait fortune dans le Golfe ou ailleurs, de passage au pays pour voir môman pendant l’été, sont des adeptes du lieu. Ziyad par exemple vit à Abu Dhabi mais revient l’été pour voir la famille et profiter des folles soirées qu’offre l’été beyrouthin. Généreux, il invite les trois french girls à sa table. Sympa, le Ziyad.

Autre expérience : les toilettes des filles. Vers 3h du matin, la démarche de certaines trahit la douleur du port de talons de 15 cm – à cet instant, je peux à mon tour leur lancer mon regard de killeuse « je porte mes talons de 12 sans douleur et sans trébucher, MOI » – . Et la lumière blafarde trahit les pommettes regonflées, les lèvres et les seins refaits, les nez rabotés. Ça suinte le silicone et le botox. Les Libanais sont de grands adeptes de la chirurgie esthétique : les cliniques fleurissent et certaines banques proposent des prêts spécifiques. Le Liban compte le plus grand nombre d’opérations au monde (les femmes du Golfe viennent également se faire opérer à Beyrouth).

Au Skybar, on drague aussi. Certes il n’y a que l’embarras du choix. Ici, et comme souvent à Beyrouth, c’est franc et direct. Hors de question de tourner autour du pot comme un(e ) bon(ne) français(e ) si vous ne voulez pas que votre cible se tourne vers votre copain/copine à côté de vous. Non, on montre son intérêt tout de suite, et on n’hésite pas à lâcher son numéro si la personne en vaut la chandelle. Sinon l’oiseau disparaîtra, et ne cherchera pas à insister. Si tu veux ou que tu ne veux pas, tu le montres.

Tu ne tergiverses pas, mais tu quittes les lieux incognito après quelques vodka cranberrie, tard dans la nuit ou tôt le matin, alors que la volière est déjà presque vide.

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journaliste
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