Virée au Baromètre et au BO 18

Oiseaux de nuit, Beyrouth est une volière qui vous offre de vastes distractions nocturnes, toutes plus variées les unes que les autres. Du crépuscule à l’aube, les lieux abondent pour  créature en tout genre, de tout âge, et de toutes nationalités . D’un dîner en terrasse au BO 18, récit.

19h. Fin du cours d’arabe. C’est l’anniversaire de Mathilde, une Sciences Po en année de césure: la soirée commence par un dîner d’anniversaire sur la terrasse de son appartement, à Bachoura. Lorsqu’on passe dans les ruelles de Bachoura, on a l’impression de déambuler dans un quartier fantôme: quelques immeubles neufs cohabitent avec des bâtiments laissés à l’abandon, criblés de balles. Pour un dîner réussi, toujours passer chez Paul, à Gemmayzeh, acheter quelques baguettes fraîches. A Beyrouth, Paul est the lieu hype où boire un café, alors que pour moi, c’est là où j’achète mon sandwich avant de prendre le train. Mais comme il n’y a pas de trains au Liban, le problème est réglé.

23h. Les oiseaux s’envolent vers Furn al Chebak, histoire de passer à la soirée de départ d’une autre Mathilde. J’en profite pour faire un saut à la maison, larguer mes livres d’arabe, et enfiler mes talons. Au Liban, sortir sans talons, c’est presque une hérésie. Une pintade qui se respecte se doit d’être perchée sur un minimum de 10cm. Nous ne restons pas longtemps à Furn, le temps de boire un verre, et hop, on saute dans un “service” (un taxi collectif, c’est-à-dire le plus souvent une vieille Mercedes hors d’âge qui galère en côte) direction Hamra. Une autre volière, Le Baromètre, nous attend.

Lieu mythique de Beyrouth, le Baromètre est un bar enfumé qui sent la cuisine à l’huile d’olive où venaient disserter les intellectuels le plus souvent de gauche, durant la guerre civile. Complètement bobo le Baromètre. On vient y danser au son de la musique orientale sous le regard bienveillant du portrait de Yasser Arafat. On repère aisément les foreigners: leur déhanché a encore de gros progrès à faire face aux Libanais, qui sont sûrement nés avec le gêne de la danse du ventre. Entre deux verres d’arak – le pastis local-, les piafs dansent aussi la dabké, genre de danse bretonne à la sauce libanaise. Cette vidéo vous apprendra même à la danser.

2h27 environ. Nouvel envol en 4×4 vers le BO 18, autre fameuse volière de la ville. Le “BO” comme on l’appelle affectueusement ici, est cette célèbre boîte en sous-sol d’un parking et dont le toit s’ouvre sur les étoiles. Enquête Exclusive et Nanard de la Villardière nous en avaient offert un aperçu cet été. Musique électro, danses psychédéliques, changement d’ambiance radicale par rapport au Baromètre. Les piafs arrivent vers 3h car le lieu ferme tôt le matin. Le DJ s’enflamme, les danseurs aussi, la danse devient automatique, la nuit folle. Il est 5h, Beyrouth ne s’endort toujours pas.

6h. Le soleil se lève, les pintades ont mal aux pieds, et les paupières lourdes. Khalass, retour au nid.

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About margaux bergey

journaliste
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2 Responses to Virée au Baromètre et au BO 18

  1. AzertY says:

    Joli blog.
    Ce n’est pas “akhak” par contre 🙂
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Arak_(boisson)

  2. rectification faite 😉

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