Une saison des pluies sans pluie

Les Libanais retiennent leur souffle avant la publication de l’acte d’accusation du TSL, chargé de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, publication qui pourrait causer un joyeux bordel dans le pays.

Mais la pénurie d’eau commence à reléguer le TSL en page deux des journaux (ou en bas de une). La saison des pluies est sensée commencer en octobre. Je suis arrivée il y a presque un mois, et je n’ai pas vu une goutte d’eau tomber…

D’après cette jolie reprise de l’AFP article, il est tombé seulement 51 mm de pluie depuis septembre, contre 241 à la même époque l’année dernière. A Beyrouth, l’approvisionnement est de plus en plus compliqué et les prix augmentent chaque jour. Oui bon, cette denrée rare dans la région n’a pas encore atteint le prix de l’or, contrairement au titre alarmiste de L’Orient Le Jour.  Les services publics libanais étant ce qu’ils sont, l’Etat n’assure presque pas l’approvisionnement en eau : chaque habitation dispose donc de ses propres citernes que viennent alimenter chaque jour des camions. Mais les sources d’eau se tarissent, les nappes phréatiques sont à sec et la situation devient de plus en plus critique chaque jour.

La qualité de l’eau baisse: en temps normal, elle n’est pas potable (à moins de vouloir choper la turista, il paraît que c’est bon pour faire un régime. Perso, je préfère Dukan), en ce moment c’est encore pire. Je ne me plains pas encore car je sors d’une coupure d’eau de 4 jours – due au moteur qui nous a lâché, et non pas à notre citerne à sec… . Par exemple, mes camarades du « French building » (traduction : un immeuble remplis d’étudiants français, à 100m de chez moi, à Furn al-Chebbak) commencent à faire les frais de cette saison des pluies qui ne vient pas. Les températures sont encore trop élevées pour la saison : on atteint encore les 25 degrés dans la journée, quand il ne devrait faire que 15°. Il n’a toujours pas neigé non plus en montagne, ce qui compromet la saison de ski le remplissage des nappes phréatiques.

Inquiétudes aussi du côté du secteur agricole : la sécheresse met en péril la récolte de blé, comme l’a déclaré le ministère de l’agriculture à l’AFP. Les champs auraient dû être irrigués par les précipitations de novembre. La saison risque donc d’être extrêmement difficile pour les agriculteurs qui tirent leurs revenus et leur nourriture de la culture du blé. Toujours selon le ministère, des sécheresses récurrentes pourraient aussi conduire à une désertification de la région…

Advertisements

About margaux bergey

journaliste
This entry was posted in Uncategorized and tagged , , . Bookmark the permalink.

One Response to Une saison des pluies sans pluie

  1. Pingback: La pluie, le froid, la lose et moi | Libanaiseries

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s