Balbeek entre ruines et Hezbollah

Faire du tourisme, voilà une belle occupation du dimanche, jour habituellement consacré à ne rien faire. Direction Balbeek, dans la vallée de la Bekaa, pour cette première excursion hors de Beyrouth avec deux amis (il y a une semaine, j’ai un peu traîné pour publier ma prose, honte à moi).

Avant d’arriver à destination, il faut tout d’abord réussir l’épreuve “je monte dans un mini bus conduit par un chauffeur fou”. Ou plutôt un chauffeur qui n’a pas pu réaliser son rêve d’enfant: devenir pilote de formule 1. Nous voilà donc parti à bord d’un vieux Wolkswagen hors d’âge, dont on se demande s’il a encore un ersatz d’amortisseurs, piloté par un wannabe Sebastien Loeb. Mieux vaut avoir confiance quand il double un autre minibus sur l’autostrat avec des voitures qui arrivent en face.

Après deux heures de folle chevauchée, la Bekaa apparaît, plaine coincée entre deux chaînes de montagnes. Balbeek est majoritairement chiite. Des portraits d’Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, et des “martyrs” morts au combat ornent la ville, et le voile est plus répandu qu’à Beyrouth.

Les ruines des temples romains de Balbeek dominent la ville de leurs gigantesques colonnes. Le soleil cogne entre les pierres, mais il en faudrait plus pour nous décourager. Pour la petite, et la grande, histoire, Balbeek constitue le plus important site de vestiges romains au Moyen-Orient. Au Ier millénaire av JC, les Phoeniciens étaient déjà présents, et honoraient le dieu Baal. Quand Alexandre le Grand conquiert la ville, il décide de renommer le lieu Heliopolis, “ville du Soleil” (si c’est pas joli). Nom que conserveront les Romaines après leur conquête en 64 av JC. Jules César y installe quelques années plus tard, en 47 av JC, une colonie, Heliopolis étant idéalement située entre Palmyre, en actuelle Syrie, et les villes côtières.

Heliopolis devient un grand centre religieux, en plus d’être un centre commercial majeur, situé au carrefour entre les routes du nord et du sud, et de l’est et l’ouest. Pour asseoir leur présence dans la région, les empereurs romains, notamment Auguste, se lance dans la construction d’un immense complexe religieux, dont le temple de Jupiter. Quelques siècles après, l’émergence du christianisme met fin aux travaux: l’empereur Justinien ordonne que tous les païens se fassent baptiser, et pour calmer leurs ardeurs, il exige que le temple soit détruit, et en profite pour embarquer quelques colonnes à Constantinople, histoire de décorer son chez-lui. les colonnes du temple mesurant 22,9 m de haut et 2,2m de circonférence, je vous laisse imaginer l’expédition.

Les vieilles pierres de Balbeek côtoient aussi le Hezbollah. Le touriste heureux de sa visite pourra acheter drapeaux et tee-shirts en souvenir (justement, je manquais d’un pyjama). Mais le parti ne se contente pas de vendre des babioles. Très présent dans la Bekaa, il procure aussi ce que l’Etat libanais ne procurent pas toujours à ses citoyens, les services publics étant ce qu’ils sont depuis la guerre: eau potable, éducation, santé, collecte des déchets… Sans oublier une aide aux familles des “martyrs” morts “au combat”. Certaines populations défavorisées n’accueillent donc pas l’aide du “Hezb” d’un mauvais oeil.

(Merci à ce bon vieux Lonely Planet pour les infos sur l’histoire de Balbeek)

PS: les photos sont visibles sur mon facebook, bientôt sur Flick’r

Advertisements

About margaux bergey

journaliste
This entry was posted in Uncategorized and tagged , , , , . Bookmark the permalink.

One Response to Balbeek entre ruines et Hezbollah

  1. Pingback: Un tour à Tyr | Libanaiseries

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s