Un petit tour à la mosquée

Pas de stage mardi, j’en ai donc profité pour aller faire ma touriste, appareil photo en bandoulière, et visiter la mosquée Mohammed al-Amin, gigantesque édifice flambant neuf au centre-ville. L’initiative remonte aux années 1940: il s’agissait de construire la Grande Mosquée de Beyrouth, et du Liban. La première a finalement été posée en 2003 par l’ancien premier ministre Rafic Hariri. Construite aux abords de la place des martyrs, le projet a longtemps été critiqué, entre autre parce qu’elle instaurait une prédominance sunnite. Les chrétiens ont aussi critiqué ses dimensions qui écrasaient la cathédrale maronite adjacente.

Son style architectural a aussi fait l’objet de controverse: ottoman à l’extérieur, mamelouk à l’intérieur. Beaucoup ont critiqué une domination sunnite sur le centre-ville au travers de cette mosquée, et le fait qu’elle soit construite aux abords de la place des Martyrs, espace urbain auparavant neutre de toutes confessions. Mais ça, c’était avant le 14 février 2005.

Rafic Hariri meurt dans un attentat le 14 février 2005 (depuis, l’enquête a été confiée au Tribunal Spécial pour le Liban, l’acte d’accusation impliquant des membres du Hezbollah doit sortir d’ici peu, et c’est le bordel). Rafic est inhumé à côté de la mosquée, avec 7 autres personnes décédées dans l’explosion. La mosquée devient alors involontairement son mausolée, devenue un véritable lieu de pèlerinage, et les critiques laissent place à un consensus.

(J’ai repris les infos de cet article de Franck Mermier, qui est très bien fait, plein de détails, contextualisation, et tout le bazar)

Me voilà donc partie pour la mosquée. Le chauffeur de taxi, un vieil édenté qui me parlait en arabe et à qui je répondais par des sourires bêtes puisque je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il racontait, commence par m’offrir une cigarette. Merci papy.

Je passe d’abord saluer la mémoire de Rafic. A l’entrée de la mosquée, on me tend une abaya (trop grande) et un voile. Le port de l’abaya, c’est tout une technique: la mienne a eu tendance a vouloir se faire la malle. (Une abaya est cette longue robe/tunique noire que porte les saoudiennes, ouais c’est super glamour). En plus elle était  trop longue, j’ai frôlé le drame – m’étaler dans la salle de prières- moult fois. Idem pour le voile, il avait une forte envie de s’enfuir.

Voilée, abaya-sée, je peux me promener librement sous les trois immenses coupoles, les dorures, et les lustres en crystal. L’endroit est étonnement calme, protégé du bruit, chose rare à Beyrouth. Quelques personnes, des hommes, sont venus priées. Les deux autres femmes s’avèrent être des touristes japonaises, qui ont une maîtrise de l’abaya bien plus avancée que moi. Perché sur un échafaudage à roulettes, un autre a pour mission de changer les ampoules des gigantesques lustres. Il n’y a pas de sot métier.

Je termine ma promenade en remontant dans Gemmayzé par la rue Gouraud, hot spot de tous les amoureux de la nuit et des pubs enfumés.

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About margaux bergey

journaliste
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2 Responses to Un petit tour à la mosquée

  1. Nicolas says:

    Le “abaya-sée” et le “Merci Papy !” ont des tonalités toutes margaliennes !

    Content que tout ça te plaise.
    La bise.

    Nical.

  2. Pingback: La genèse | Les chantiers d'Allah

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